lundi 2 février 2009

Puerto Rico

On était partis pour la Martinique, mais on a dû s'arrêter 2 jours à Puerto Rico. Notre deuxième avion avait tant de retard qu'on a raté le dernier (particulièrement ponctuel celui-là : il doit y avoir une taxe pour nuisance sonore si l'avion atterrit trop tard). Et American Airlines n'a des vols qu'une fois tous les deux jours vers Fort-de-France. Du coup, la compagnie nous a offert le séjour. Pas si mal, finalement.
Puerto Rico, c'est les États-Unis (depuis un bombardement en 1898). Mêmes voitures, mêmes routes, mêmes banlieues... On va à Old San Juan.
On y visite plusieurs musées, dont le centre culturel. Au menu : tableaux religieux de José Campeche, peintre officiel de Puerto Rico au XVIII. Couleurs exceptionnelles, mais tableaux de commande, pour la plupart. J'ai préféré les tableaux de Francisco Oller. Influencé par Cézanne, ses tableaux impressionnistes sont remarquables. Nous avons ensuite vu des tableaux sur Puerto Rico, d'artistes locaux du XX.
On s'est ensuite dirigés vers le fort San Felipe del Morro, érigé par les Espagnols. Ce n'était qu'une tour au début. Construite en 1539. Puis, pendant 250 ans, de plus en plus de soldats se protégent des envahisseurs venant de la mer, avec des canons en bronze.
Le lendemain, on a visité le second fort, le Castillo San Cristobal. Il servait à protéger les Espagnols des envahisseurs terrestres.
Pourquoi tant de fortifications ? C'était la guerre dans les Caraïbes. Français, Anglais, Hollandais voulaient une part du gateau espagnol. Pour la petite histoire, François I est l'un des premiers pirates. Il a commandité le pillage du navire rentrant en Espagne avec le trésor aztéque. Rackham le Rouge, ça vous dit quelque chose ? C'était le Clyde de l'époque. Sa Bonnie était connue dans toutes les Caraïbes.
J'ai aussi retenu que Pizarro a tué le chef inca malgré la rançon fournie par son peuple : une pièce remplie d'or... Que Cortez avait été pris pour un Dieu à son arrivée : ses hommes n'avaient donc pas rencontré beaucoup de résistance en attaquant la capitale aztéque, Tenochtitlan. En plus d'êtres pillés et dépossédés, les "Indiens" furent soumis à l'esclavage dans des mines d'or ou d'argent, par exemple.
Quant à l'histoire de Puerto Rico : l'île à été découverte en 1493, par... Christophe Colomb. Le Mexique et le Pérou ont été envahis, apportant richesse à l'Espagne. Pour importer ces richesses, pillées, l'Espagne envoyait, chaque année, deux convois de navires armés jusqu'aux dents. La mer des Caraïbes était un point stratégique. Pour se défendre, des ports ont commencé à se développer dans les différentes îles. Et aussi des fortifications. San Juan fut établi à partir de 1521. La première construction fut la maison du gouverneur Juan Ponce de Leon, Casa Blanca. Ensuite, la tour El Morro. Qui ressemblera finalement à une citadelle en 1591.
Dans les rues, c'est la fête. On est tombés sur le bon week-end : c'est le festival de la Saint-Jean. Il y a des groupes dans les ruelles, et pas mal d'artisans qui proposent leurs produits.
On va se reposer dans les jardins de la casa blanca. Puis on continue la promenade vers la maison du gouverneur, en passant par la place aux pigeons. On se sent plus qu'en sécurité. À cause du festival, il y a des flics partout. Et quand je dis partout, je veux dire qu'ils sont à tous les coins de rue. Toutes les intersections en fait. Mais le soir, certains sortent aussi des bières de leurs coffres...

lundi 5 janvier 2009

jeudi 1 janvier 2009

road-trip au Nouveau-Mexique et dans le Colorado

J'ai concocté un petit séjour sur les traces des Anasazis, pour compléter mon voyage en Arizona (effectué en septembre). Le point de départ était Albuquerque. Nous avons loué la voiture la plus petite possible, une dodge caliber. Il faisait assez froid et pour le premier jour, il a même neigé. Il fallait rouler toute la journée pour atteindre le Colorado et Mesa Verde. On a donc décidé de visiter “El Malpais”, histoire de faire une pause. Non, ce n'est pas un lieu maudit, mais ce jour-là, le paysage était couvert de neige. Or, ce qui fait de cet endroit un lieu intéressant, c'est le sol. Noir. Parce que c'est de la lave. Donc on n'a pas vu grand chose, mais on a roulé sur la neige, ce qui était aussi un peu un test pour ce que la voiture allait endurer les jours suivants. Nous avons dormi à Cortez, petite ville où agriculture et tourisme semblent être les principales sources de revenu.
Le lendemain, Mesa Verde. On a failli rester bloqués à l'entrée du parc. Il fallait impérativement avoir quatre roues motrices ou des chaînes ou des pneus neige. Aucune idée de ce qu'on avait. J'ai été honnête et ai prévenu le ranger. Qui ne savait pas trop quoi répondre, mais il nous a laissés passer. Il faut avouer que la route était enneigée et verglacée, sur 20 miles. Roulant 20 miles à l'heure... on est arrivés juste à temps pour la visite guidée. Il y a beaucoup de choses à voir mais en hiver, la plupart des sites sont fermés. Nous avons pu visiter la “Spruce tree house”. J'avais déjà vu ces cliff dwellings, ces habitations protégées au creux de la falaise (mais non troglodytiques), mais jamais d'aussi près. On a même pu entrer dans une kiva. Je vous laisse relire le chapitre 6. Ce que j'ai appris de nouveau : on faisait du feu dans les kivas de façon intelligente. Il y avait donc un conduit d'aération pour faire un appel d'air et entretenir le feu sans s'intoxiquer. Devant l'entrée d'air dans la kiva, il y avait un petit muret pour protéger le feu. Pas mal, non ? Le ranger était très drôle, et on n'était pas très nombreux : il faisait -20ºC. Le musée qui allait avec était très intéressant, même Ben l'a trouvé passionnant. Un objet vraiment rigolo, le double mug :
On a aussi visité un centre culturel indien à Cortez, avec un côté plus pratique cette fois : on pouvait tisser, par exemple. Il faut aussi parler des différences entre pithouses et kivas. Les pithouses sont les premières habitations des Anasazis, on faisait un trou dans la terre et on construisait une sorte d'igloo en torchis. L'habitat était donc à moitié sous la terre. On pense qu'il y avait une pithouse par famille. On y faisait le feu avec le même système que pour les kivas. Puis, l'habitat traditionnel a évolué hors du sol, mais les kivas sont restées, elles, souterraines. Autre chose qui différencie kiva et pithouse, c'est un trou dans le sol de la kiva. Ce trou représente l'ancien monde qui est monté à la surface pour créer le monde actuel, le quatrième. Mesa Verde était totalement abandonné vers 1300. Vraisemblablement pour plusieurs raisons. Deux sont certaines : surpopulation et sécheresse. Ensuite, ce ne sont que conjectures : épidémie, malédiction, disputes... Car seule une partie de la population aurait pu migrer et partir de Mesa Verde. Mais non, tous les habitants sont partis !
Le lendemain, nous sommes allés vers Santa Fe, et retournés au Nouveau-Mexique. On voulait aller au Chaco National and Historical Park, mais on ne savait pas si c'était possible, vu les conditions d'enneigement. On est arrivés vers midi, et ça a été la lutte pour trouver un endroit où acheter de quoi manger. Ensuite on est allés vers Chaco. Mêmes conditions que pour Mesa Verde, tout aussi long. Chaco se situe aujourd'hui sur le territoire navajo, donc sur le chemin, il y avait des routes qui partaient de tous les côtés vers des maisons et hogans (voir chapitre 4). Ce qui différencie Chaco des autres sites, c'est la finesse de son architecture. Le travail effectué est digne des constructions européennes de l'époque. Et surtout, les villages ont été planifiés avant leur construction. À Mesa Verde, les habitations s'agglutinent les unes aux autres de façon désordonnée. Chaco se compose de plusieurs villages, à portée de vue les uns des autres. On voit des pétroglyphes sur les falaises, situées derrière les habitations. À Pueblo Bonito, il y avait deux places (vraisemblablement utilisées lorsque les marchands venaient vendre leurs produits : coquillages, turquoises et autres pierres, etc.). Les pierres des maisons étaient finement taillées. Les maisons nécessitaient donc moins de torchis et étaient plus solides. Les spécialistes appellent les habitants des Chacoans, et non plus des Anasazis, tellement leur civilisation semble plus évoluée. Ils avaient, par exemple, développé des connections ou routes avec plus de 150 autres villages et maisons.
La route était encore longue jusqu'à Santa Fe, nous sommes donc remontés dans notre carrosse.
Après notre nuit à Santa Fe, nous sommes allés au dernier site indien, Bandelier National Monument. Là encore, des choses nouvelles à apprendre. Si les constructions sont plus grossières qu'à Chaco, les Anasazis ont ici rivalisé d'ingéniosité. Ils ont en effet utilisé la falaise de plusieurs façons. Soit pour élever d'un étage les habitations : ils enfonçaient (je ne sais pas comment) du bois dans la falaise, ce qui servait de support à un nouvel étage et au toit. Et au-dessus des toits, à niveau d'homme (pour la plupart), on peut admirer les pétroglyphes : soleils, signes de migration, canards, grenouilles et autres mystérieux symboles.
Par contre, contrairement à Mesa Verde, ici, je pense qu'on peut parler d'habitations troglodytiques. On pouvait avec des échelles entrer dans des sortes de petites cavernes où il devait faire bon vivre et admirer le paysage. Nous n'avons pas pu faire tout ce qu'il y avait à voir : c'est l'hiver, et certains endroits sont fermés au public.
Nous sommes ensuite allés voir les descendants des Anasazis, les habitants des pueblos actuels. Nous n'en avons fait qu'un (sinon, ça fait un peu zoo humain) : San Ildefonso. Il fallait payer pour se balader dans le village (pas partout d'ailleurs) et pour pouvoir prendre des photos. Nous n'en avons donc pas prises. Ce qui rend ce pueblo intéressant, c'est sa spécificité artistique : ils ont une méthode particulière pour créer des poteries. Très belles... mais hors de prix. Sans oublier de dire que les routes ne sont pas pavées et qu'ils ont une kiva au milieu du village (qui ne semblait pas souterraine mais on n'avait pas le droit d'aprocher alors je sais pas vraiment...). Pas très loin de la kiva moderne, il y a une église, vestige (très bien conservé) de l'ère espagnole. Quelque chose d'intrigant aussi : des petits sacs de papier kraft déposés tout autour de l'église, sur le muret. Et ailleurs aussi, dans Santa Fe. Il y a même une version commerciale en plastique. Mais c'est quoi ? Et bien ça s'appelle des fajolitos. On en trouve au Mexique et au Nouveau-Mexique. Ce sont des petits sacs avec une petite bougie à l'intérieur à la période de Noël. On les allume un peu partout sur le rebord des toits et des fenêtres, dans les arbres. Le soir, nous sommes allés au café Coyote, conseillé par Albert : miam miam. On a aussi visité la vieille ville de Santa Fe, berceau de la révolution de 1680 (voir chapitre 5). On a aussi dégusté un posole et acheté tout ce qu'il fallait pour en refaire à la maison. Des vendeurs-artisans du coin vendent leurs produits devant la maison du gouverneur. J'ai acheté une toute pitite bague. Signé par l'artiste d'un T et du symbole de son clan : l'eau.
Sur le chemin du retour, nous avons pris le turquoise trail, mais il n'y a en fait que des magasins. Et aussi un musée où on voulait aller, mais qui était fermé. Du coup, on est arrivés plus tôt que prévu à Albuquerque.
On a décidé d'aller visiter le musée des serpents à sonnettes. Ils sont tous venimeux et les jeunes sont plus dangereux que les adultes.
Le lendemain matin, avant de reprendre l'avion, on s'est baladés dans la vieille ville : beaucoup de magasins et de beaux bâtiments avec des piments qui pendouillent.
Une dernière chose, Les Nouveaux-Mexicains sont super galants !
Et pour les mordus des photos, allez-voir mon picasa...
Et bonne année :-)

mercredi 31 décembre 2008

Fumer tue...

Il faisait effroyablement froid ; il neigeait depuis le matin ; il faisait déjà sombre ; le soir approchait, le soir du dernier jour de l'année. Au milieu des rafales, par ce froid glacial, un homme marchait dans la rue : il n'avait rien sur la tête, il était pieds nus. Lorsqu'il était sorti de son squat le matin, il avait eu de vieilles pantoufles beaucoup trop petites pour lui. Aussi les perdit-il lorsqu'il eut à se sauver devant une file de voitures ; les voitures passées, il chercha après ses chaussures ; un méchant gamin s'enfuyait emportant en riant l'une des pantoufles ; l'autre avait été entièrement écrasée.
Voilà le malheureux n'ayant plus rien pour abriter ses pauvres petons. Dans son vieux manteau râpé, il portait des cigarettes : il en tenait à la main un paquet. Mais, ce jour, la veille du nouvel an, personne ne s'arrêtait pour considérer son air suppliant, qui faisait pitié. La journée finissait, et il n'avait pas encore vendu un seul paquet de cigarettes. Tremblant de froid et de faim, il se traînait de rue en rue. Des flocons de neige couvraient sa chevelure blonde. De toutes les fenêtres brillaient des lumières : de presque toutes les maisons sortait une délicieuse odeur, celle de l'oie, qu'on rôtissait pour le festin du soir : c'était la Saint-Sylvestre. Cela, oui, cela lui faisait arrêter ses pas errants.
Enfin, après avoir une dernière fois offert en vain son paquet de cigarettes, il aperçoit une encoignure entre deux maisons, dont l'une dépassait un peu l'autre. Harassé, il s'y assied et s'y blottit, tirant à lui ses pieds gelés : mais il grelotte et frissonne encore plus qu'avant et cependant il n'ose retourner à son squat. Il ne rapporterait pas la plus petite monnaie, et son revendeur le frapperait. Il avait ses mains toutes transies. « Si je prenais une cigarette, se dit-il, une seule pour me réchauffer l'âme ? » C'est ce qu'il fit. Quelle chaleur merveilleuse c'était ! Il sembla tout à coup à l'homme qu'il se trouvait devant un gros poêle en fonte, décoré d'ornements en cuivre. Il allait étendre ses pieds pour les réchauffer, lorsque la cigarette s'éteignit brusquement : le poêle disparut et il restait là, tenant en main un simple filtre. Il alluma une seconde cigarette : une lueur se projetait sur la muraille qui devint transparente. Derrière, la table était mise : elle était couverte d'une belle nappe blanche, sur laquelle brillait une superbe vaisselle de porcelaine. Au milieu, s'étalait une merveilleuse oie rôtie, entourée de compote de pommes : et voilà que la bête se met en mouvement et, avec un couteau et une fourchette fixés dans sa poitrine, vient se présenter devant le pauvre homme. Et puis plus rien, la cigarette s'éteint.
L'homme prend une troisième cigarette, et il se croit transporté près d'un arbre de Noël, splendide. Sur ses branches vertes, brillent mille bougies de couleur : de tous côtés, pendait une foule de merveilles. Il étendit la main pour saisir la moins belle : la cigarette s'éteint. L'arbre semble monter vers le ciel et ses bougies deviennent des étoiles : il y en a une qui se détache et qui redescend vers la terre, laissant une traînée de feu.
« Voilà quelqu'un qui va mourir. » se dit l'homme. Sa vieille grand-mère, le seul être qui l'avait aimé et chéri, et qui était morte il n'y avait pas longtemps, lui avait dit que lorsqu'on voit une étoile qui file, d'un autre côté, une âme monte au paradis. Il alluma encore une cigarette : une grande clarté se répandit et, devant l'homme, se tenait la vieille grand-mère.
- Grand-mère, s'écriait-il, grand-mère, emmène-moi. Oh ! Tu vas me quitter quand la cigarette sera éteinte : tu t'évanouiras comme le poêle si chaud, le superbe rôti d'oie, le spendide arbre de Noël. Reste, je te prie, ou emporte-moi.
Et l'homme alluma une nouvelle cigarette, et puis une autre, et enfin tout le paquet, pour y voir la bonne grand-mère le plus longtemps possible. La grand-mère le prit dans ses bras et elle le serra si fort qu'il se transporta là où il n'y avait plus ni de froid ni de faim, ni de chagrin : c'était devant le trône de Dieu.
Le lendemain matin, cependant, les passants trouvèrent dans l'encoignure le corps de l'homme ; ses joues étaient rouges, il semblait sourire ; il était mort de froid, pendant la nuit qui avait apporté à tant d'autres des joies et des plaisirs. Il tenait dans sa main, toute raidie, son dernier filtre.
- Quelle sottise ! dit un sans-cœur. Comment a-t-il pu croire qu'il pouvait passer la nuit ainsi ? D'autres versèrent des larmes ; c'est qu'ils ne savaient pas toutes les belles choses qu'il avait vues pendant la nuit du nouvel an, c'est qu'ils ignoraient que, s'il avait bien souffert, il goûtait maintenant dans les bras de sa grand-mère la plus douce félicité.

Connaissez-vous vos classiques ?

dimanche 21 décembre 2008

Vol vers Point Reyes et Chaton

J'ai profité hier encore d'un vol vers Point Reyes, là où on devait voir des baleines il ya quelques mois. C'était en fin d'après-midi et on a presque vu le coucher du soleil. J'ai même pu piloter un peu cette fois, et ces petites bêtes sont très sensibles. Pour les photos, vous avez le lien pas loin ou celles-ci, en vrac :


Et sinon, je suis désolée mon petit papa, mais quand tu vas venir, tu devras cohabiter avec lui :




lundi 15 décembre 2008

Mais que se passe-t-il en France, et en Europe ?

Je lis la presse française quotidiennement et je suis effarée de voir à quel point Sarkozy est en train de transformer la France sur le modèle américain, qui s'est écroulé ! Dans quel mur fonçons-nous ? Un jour, c'est la sécurité privée qui remplace de plus en plus la police. Un autre, c'est la question du travail dominical...

mercredi 3 décembre 2008

J'ai eu mon permis !!!!

Et oui, tout arrive. J'ai passé mon test de conduite hier et après avoir attendu plus d'une heure que ce soit mon tour, j'ai eu le droit de passer mon test. Avec un automate qui avait la voix d'un gps : Turn left, turn right, pull over here, drive backwards. Il ne m'a pas fait le coup du "recalculating", cependant...